ISBN-13: 9783841634313 / Francuski / Miękka / 2018 / 544 str.
Comme il y a, a cote du corps physique, un corps vecu, une chair, il y a a cote du langage comme outil de signification, une langue qui, habitee pour elle-meme, donne acces au silence. Selon L. Binswanger, bien que comportant chacun en son sein - trace de leur commune origine nostrale -, un fragment de l'autre -, langage et chair ne sauraient etre superposes. Transformer le langage en un organisme vivant - qui ne serait que vivant, ayant par consequent abdique son etre-pour-la-mort -, c'est se condamner a une production de sens interminable, celle du schizophrene par exemple. Chair et langage sont les deux pans d'un meme abime, celui qui s'ouvre dans la beance d'un espace perdu, espace inhabitable, car tendu par des directions de sens opposees. Il faut donc une vitesse permettant de parcourir incessamment cet espace, de l'abolir tout en le laissant subsister. Mais comment determiner cette vitesse, en fixer le tempo, sans remonter a la dissonance originelle qui a mue l'espace en distance? Retrouver le tempo a partir d'une dissonance: tel est le defi commun du fou, du psychiatre et du philosophe, defi dont la reconnaissance amorce seule, selon Binswanger, la guerison de l'homme.
Comme il y a, à côté du corps physique, un corps vécu, une chair, il y a à côté du langage comme outil de signification, une langue qui, habitée pour elle-même, donne accès au silence. Selon L. Binswanger, bien que comportant chacun en son sein - trace de leur commune origine nostrale -, un fragment de lautre -, langage et chair ne sauraient être superposés. Transformer le langage en un organisme vivant - qui ne serait que vivant, ayant par conséquent abdiqué son être-pour-la-mort -, cest se condamner à une production de sens interminable, celle du schizophrène par exemple. Chair et langage sont les deux pans dun même abîme, celui qui souvre dans la béance dun espace perdu, espace inhabitable, car tendu par des directions de sens opposées. Il faut donc une vitesse permettant de parcourir incessamment cet espace, de labolir tout en le laissant subsister. Mais comment déterminer cette vitesse, en fixer le tempo, sans remonter à la dissonance originelle qui a mué lespace en distance? Retrouver le tempo à partir dune dissonance : tel est le défi commun du fou, du psychiatre et du philosophe, défi dont la reconnaissance amorce seule, selon Binswanger, la guérison de lhomme.