I La main de Sylvain Marsac n'etait pas tout a fait aussi assuree que de coutume, lorsqu'il poussa la porte vitree du vestibule qui conduisait au grand escalier. Sous son tapis sombre, aux couleurs fondues, l'escalier lui-meme etait-il plus rude a monter que les autres jours? Le timbre de la porte aux vantaux sculptes lui brulait-il les doigts, qu'il se reprit a deux fois avant de le faire resonner? Une telle hesitation etait rare chez Sylvain, et lui-meme semblait s'en trouver decontenance. Cet homme de quarante ans, - peut-etre un peu plus, - bronze par tous les soleils, aguerri a toutes...
I La main de Sylvain Marsac n'etait pas tout a fait aussi assuree que de coutume, lorsqu'il poussa la porte vitree du vestibule qui conduisait au gran...
I La nuit descendait sur la grande-vallee dont les lignes austeres se profilaient sur le ciel gris d'ardoise. Tout etait gris: le fond des ravins, ou coulaient avec une brume opaline les ruisseaux gris cendre; les grandes prairies, sur la pente des coteaux, gris plus fonce, et pourtant d'une transparence telle que les moindres accidents de terrain s'accusaient par des changements dans la nuance. Les hautes avenues d'ormes ou de hetres, aux branchages touffus, tracaient des lignes majestueuses d'un gris sombre sur les cultures, et tout en haut, pres de l'horizon, sombre et cependant plus...
I La nuit descendait sur la grande-vallee dont les lignes austeres se profilaient sur le ciel gris d'ardoise. Tout etait gris: le fond des ravins, ou ...
I Vers le soir, la neige tombee tout le jour en gros flocons paresseux se transforma en petites paillettes brillantes comme du mica. On les voyait scintiller en poudre chatoyante sur le bord des fenetres, dans l'entrebaillement des portes, partout ou elles pouvaient se glisser. Elles miroitaient comme de tres petits diamants autour des lanternes d'un grand vozok emporte par quatre chevaux rapides sur un chemin a peine visible, au travers des champs niveles sous l'impassible blancheur glacee; la neige s'entassait sur les harnais et sur les vetements du vieux cocher en petites plaques fines...
I Vers le soir, la neige tombee tout le jour en gros flocons paresseux se transforma en petites paillettes brillantes comme du mica. On les voyait sci...
I Antonine Karzof venait d'avoir dix-neuf ans; les violons du bal donne a l'occasion de cet anniversaire resonnaient encore aux oreilles des parents et amis; la toilette blanche, ornee des traditionnels boutons de rose, n'avait pas eu le temps de se faner, et cependant mademoiselle Karzof etait en proie au plus cruel souci. Les rayons d'un pale soleil de printemps eclairaient de leur mieux le salon vaste et un peu sombre ou l'on avait tant danse huit jours auparavant; le piano ouvert portait une partition a quatre mains qui temoignait d'une recente visite, - mais Antonine ne pensait ni au...
I Antonine Karzof venait d'avoir dix-neuf ans; les violons du bal donne a l'occasion de cet anniversaire resonnaient encore aux oreilles des parents e...
I -Vous le voyez, ma chere dame, j'ai eu bien des peines, conclut la veuve en s'essuyant les yeux, et encore, je crains bien de n'etre pas au bout. -Pourquoi? demanda innocemment madame Aubier. -Parce que les affaires d'argent ne sont pas terminees, et je crois bien que la famille de mon defunt mari ne les arrangera pas a mon avantage. -On ne peut pas leur demander ca fit observer la vieille dame, non sans quelque apparence de bon sens: votre mari vous avait epousee malgre eux; ils n'ont aucun motif de vous avantager dans ce partage. -Depuis deux ans que cela dure, il me semble pourtant...
I -Vous le voyez, ma chere dame, j'ai eu bien des peines, conclut la veuve en s'essuyant les yeux, et encore, je crains bien de n'etre pas au bout. -P...
I -Le carrosse est en bas, mademoiselle, vint dire une s ur converse en essuyant ses yeux rouges avec l'extremite de son bavolet, Notre Mere vous fait prier de descendre. Gabrielle ramassa les plis de brocard qui formaient la traine somptueuse de sa robe de noce; ses amies de couvent se presserent autour d'elle; les baisers les plus tendres, les mille promesses qu'on fait si facilement a quinze ans furent echanges et scelles avec de grosses larmes; puis Gabrielle, precedee par la s ur converse, se mit a descendre l'escalier de pierre, use depuis des siecles par tant de pas lourds ou legers....
I -Le carrosse est en bas, mademoiselle, vint dire une s ur converse en essuyant ses yeux rouges avec l'extremite de son bavolet, Notre Mere vous fait...
Telegramme Colonel Marievitch (Hotel de Bade, Paris). Mariage Katia rompu; fonds epuises; expediez vite somme considerable. Barbe Slavsky. Lorsque le garcon de l'hotel lui apporta cette depeche, le colonel etait au lit, et supputait en imagination le revenu probable d'une entreprise commerciale recemment eclose dans son cerveau fecond. La vue de l'enveloppe bleue le ramena a la realite, et la lecture du telegramme ne le transporta point dans le septieme ciel."
Telegramme Colonel Marievitch (Hotel de Bade, Paris). Mariage Katia rompu; fonds epuises; expediez vite somme considerable. Barbe Slavsky. Lorsque le ...
I La menagerie de la comtesse Koumiassine. Il avait neige toute la journee, et la nuit promettait de n'etre pas meilleure. Un chemin a peine battu dans la neige molle, et recouvert a tout moment par les gros flocons lourds et paresseux, conduisait des communs a la maison seigneuriale. Les domestiques, en habit noir, en cravate blanche, couraient sans cesse a la cuisine, situee au milieu de la cour, et revenaient portant des plats d'argent recouverts de cloches de metal; le maitre d'hotel s'avancait de temps en temps sur le perron, gourmandant a droite et a gauche du ton le plus rogue, puis...
I La menagerie de la comtesse Koumiassine. Il avait neige toute la journee, et la nuit promettait de n'etre pas meilleure. Un chemin a peine battu dan...